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12 oct 2026
Portraits

Univers de Répit : quand une maman passée par le groupe de travail de Vacances Ouvertes crée son association

Après avoir participé à une action sur l'épuisement parental, Aline a décidé de mettre en place, près de chez elle, à Guînes, dans le Pas-de-Calais, sur la côte d'Opale, des temps de répit pour les parents. Portrait d'un engagement né d'une démarche collective.

Un parcours qui commence par une action collective

Tout part d'une action menée avec la Caf 62 autour de l'estime de soi, qui abordait la question de l'épuisement parental. Aline, maman de trois garçons âgés aujourd’hui de 18, 17 et 15 ans, y participe. Dans le prolongement, la Caf s’engage dans l’appel à projets Répit parental de VO et Aline part ainsi en séjour de répit avec son groupe " Unies Vers la Confiance", composé de 5 mamans, dans un gîte à une quinzaine de kilomètres de chez elle : massages, spa, sorties, restaurant, soirées partagées. « Ça change, et ça fait du bien de ne pas avoir son quotidien à gérer », résume-t-elle. Les enfants avaient été confiés à des proches en amont, ou pour d'autres la colonie a été une solution. Un travail sur les modes de garde à trouver et bien d'autres choses encore, qui a duré un an environ, ce qui a permis au groupe de profiter pleinement de ce temps.

A la suite, Aline rejoint un groupe de travail initié par Vacances Ouvertes avec d'autres structures de France engagées dans des séjours de répit ; elle y suit les réunions en visio, contribue à la réflexion collective et participe aux Rencontres du répit parental, organisées en 2025 par Vacances Ouvertes à Paris. Au sein du groupe de travail, Aline s’engage également dans la démarche de conception de l'outil de l’Épuisomètre parental, initiée par VO. 

La démarche de Vacances Ouvertes

Depuis de nombreuses années, Vacances Ouvertes travaille sur la question du répit parental. En effet, constatant, au travers des retours des professionnel·les de l’action sociale, que les situations d’épuisement parental prenaient une place croissante, l’association décide en 2017 de proposer un appel à projets dédié à la question du répit parental, au travers de séjours sans enfant. S’appuyant sur son pôle Études, VO inscrit cet appel à projets dans une démarche expérimentale lui permettant d’évaluer les effets des séjours sur les publics accompagnés, d’identifier les freins et les leviers à la construction de ces projets et d’aiguiser son expertise sur le sujet. Forte de ces travaux, VO développe son accompagnement sur la question du répit : co-construction d’outils (guide, fiches…), webinaires et met en place des groupes des travail dont l’un réunit professionnel·les et parents. Pour cette démarche, VO a reçu le soutien de la Cnaf, de la Caf de Paris et de l’ANCV, respectivement pour les groupes travail, l’organisation des Rencontres et l’appel à projets. 

C'est de cette logique de co-construction, où les parents ne sont pas seulement bénéficiaires mais participent à la réflexion, qu'est née l'envie d'Aline d'aller plus loin.  

Univers de Répit : un lieu pour souffler

« J'avais envie de reproduire, à mon échelle, des petits moments de répit pour que les parents puissent en profiter », explique Aline. L'association Univers de Répit est créée en mai 2026. La communication démarre à la rentrée de septembre, notamment lors de deux forums de rentrée de collèges, où elle présente le projet aux parents d'élèves de sixième. Leur réaction l'a marquée : surpris, mais agréablement, car peu d'entre eux avaient entendu parler du répit parental, et beaucoup se sont dit intéressés.

Côté lieu, la mairie, sollicitée dès juin, a d'abord proposé une salle de réunion. Mais Aline souhaitait un vrai local, à aménager pour le rendre chaleureux et convivial. Bonne nouvelle en septembre : un local lui est mis à disposition par la mairie pour accueillir les parents en situation d'épuisement. Pour elle, c'est un signe : la municipalité croit au projet et en voit l'intérêt.

Les premières rencontres ont eu lieu : une après-midi de découverte de l'association, puis une randonnée. La fréquentation est encore modeste, mais Aline garde le cap : on lui a rappelé que c'était le début, et que cela viendrait.

Le projet est ouvert à tous les parents du territoire qui auraient besoin de souffler. Au programme des projets : des moments de partage et de convivialité, des interventions de professionnels du bien-être (massages, esthétique...), et des rencontres avec des professionnels institutionnels et associatifs qui feront connaître les services existants sur le territoire. Beaucoup de parents ne savent pas tout ce qui existe près de chez eux, et ces échanges peuvent les aider dans leur quotidien.

Comme toute jeune association, Univers de Répit doit aussi trouver ses moyens. Les dossiers de subvention ne pourront être déposés que pour 2027. En attendant, Aline sollicite des dons, cherche des professionnel·les prêts à intervenir bénévolement et réfléchit à des actions comme des tombolas, avec à gagner des prestations offertes par des instituts de beauté par exemple.

Le bureau compte trois personnes : Aline, Présidente, Laetitia, une ancienne maman de son groupe et amie maintenant qui est secrétaire, et Thomas, trésorier, un papa que le projet a séduit et qui s'y investit pleinement.

Ce que le répit a changé, et ce qu'elle veut transmettre

Pour Aline, prendre conscience de l’épuisement parental a modifié son regard sur le quotidien, sur sa capacité à oser dire et à demander de l’aide. Elle s'autorise désormais des gestes qui lui semblaient impensables : s'arrêter boire un chocolat chaud seule après les courses, faire un pas de côté quand une situation bloque, accepter que ce qui n'est pas fait aujourd'hui le sera demain. D'autres membres du groupe en témoignent aussi.

Son message tient en peu de mots : « Si on prend soin des parents, on prend soin aussi des enfants. » Rien n'est parfait pour autant, mais ce sont de petits moments de répit, l’utilisation d’outils qui rendent le quotidien plus facile à gérer.

Le parcours d'Aline illustre aussi ce que peut produire une démarche de co-construction : passer d'un statut de participante à celui de porteuse de projet. 

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