vacances ouvertes
A LA CROISEE DU TOURISME ET DU SOCIAL   

 • La Lettre Vacances Ouvertes n°5 : sep-oct 2000 •

A la Une

Une charte nationale pour l’accueil des jeunes en vacances

Il n’y a pas que les kilomètres qui séparent une ville de départ d’un site de vacances ! L’absence de concertation peut aussi créer un grand vide et engendrer incompréhension, inadaptation des structures et même rejet.
Dans le but d’améliorer la qualité des séjours, des représentants du gouvernement d’une part, le ministre délégué à la Ville Claude Bartolone, la ministre de la Jeunesse et des Sports Marie-George Buffet et la Secrétaire d’Etat au Tourisme Michelle Demessine, et, d’autre part, les grandes associations de maires* ont signé le 19 juin 2000 une convention nationale pour une politique d’accueil des jeunes dans les communes touristiques.
L’objectif prioritaire affiché par les signataires est d’instaurer une relation suivie entre les communes d’origine et les communes d’accueil grâce à la nomination de coordinateurs locaux dans chacune des deux parties concernées. Ces médiateurs-jeunesse auront pour mission d’échanger leurs informations sur les conditions de départ, d’accueil et de séjour des jeunes, de communiquer avec les professionnels du tourisme en contact avec eux mais aussi d’intervenir en cas de problème rencontré avec et par les jeunes. “L’Etat apportera sa pierre à cet ouvrage en favorisant la formation des correspondants locaux et l’échange d’informations entre les communes” a par ailleurs indiqué le ministre délégué à la Ville.
Et parce que le travail réalisé en amont est tout aussi essentiel que la qualité de l’accueil pour passer des vacances sans soucis, la convention prévoit que les communes d’origine veillent à la faisabilité des projets élaborés par les jeunes et à leur sensibilisation aux règles de la vie en collectivité.

* Les associations d’élus : Maires de France, Communes touristiques, Communes de sports d’hiver, Grandes Villes de France, Villes et banlieues, Elus du littoral.

Vie du réseau

Vacances réussies pour les jeunes de Bobigny

Record d’affluence cette année au Bureau ressources d’aide aux départs en autonomie (BRADA) de la ville de Bobigny : 435 jeunes de 16 à 25 ans, résidant ou étudiant dans la commune, y ont déposé un dossier (contre environ 300 l’an dernier) afin de bénéficier d’une aide financière et logistique pour concrétiser leur envie de vacances.
La municipalité attribue en effet jusqu’à 1 000 francs à chaque membre du groupe à la condition que le dossier soit bien ficelé -un animateur est disponible pour les conseiller dans leurs démarches- et que chaque participant vienne le défendre devant la Commission d’aide aux projets qui se réunit tout au long de l’année. “Il arrive ainsi que l’on rejette, dans un premier temps, un dossier parce que le budget est bancal ou que le groupe comporte trop de mineurs” explique Abdel Sadi, l’adjoint chargé de la jeunesse. Sur 435 demandes, 298 ont ainsi été retenues cette année. Mais la commission n’intervient pas sur le contenu ou la finalité du séjour. “C’est leurs vacances, ils partent avant tout pour se faire plaisir” insiste Abdel Sadi, qui, chaque été, va rendre une courte visite à plusieurs groupes sur leur lieu de vacances. Une façon de s’assurer que les séjours se déroulent bien -il n’y a aucun incident grave à regretter en 4 ans d’existence du BRADA- et de garder le contact avec les jeunes pour ensuite retravailler ensemble dans d’autres circonstances. “Ce qui m’intéresse c’est que ces jeunes soient porteurs du projet, qu’ils aient une représentation sociale dans la ville, qu’ils aient pu prendre la parole”, conclut l’élu.

Côté Jeunes

Départ autonome des jeunes : Que dit la loi ?

Qui est responsable de quoi dans le cadre d’un départ autonome de jeunes ? La question préoccupe ceux qui envoient, encadrent ou accueillent le jeune public en vacances mais elle reste bien souvent en suspens. L’âge du jeune -mineur ou majeur -, le degré d’autonomie du partant, le contrat de départ, la nature de l’encadrement : de multiples paramètres font varier la responsabilité de chacun, -jeune, association, communex- et rendent chaque cas pratique fort complexe.
Afin de combler ce manque d’information, de rassurer et de proposer des pistes de réflexion, Vacances Ouvertes a commandé auprès d’un cabinet d’avocats une étude sur le sujet, actuellement en cours de finalisation. Le résultat de cette réflexion servira de base à un stage proposé par l’association dans le cadre de son programme de formation dès la fin de l’année 2000. Son contenu sera défini début octobre. N’hésitez pas à nous contacter pour en savoir plus ou nous transmettre vos interrogations sur le sujet.

Côté Familles

Des vacances pour rebondir

Bilan positif pour Laure Zittoun comme pour Joaquim Carvalho qui ont chacun de leur côté accompagné cet été des familles en vacances (dans le cadre de dispositifs co-financés par Vacances Ouvertes). Premier signe évident de réussite : “tous se disent prêts à repartir”, remarque Joaquim Carvalho, directeur du centre social d’Orzy (08), parti avec huit familles pour deux semaines de camping sur les côtes de Loire-Atlantique. “Comment faire pour revenir ?” ont très vite demandé les familles à Laure Zittoun, responsable du secteur familles à la maison de quartier de Thiais (94), partie avec 30 personnes et une seconde accompagnatrice une semaine en Bretagne dans un village-vacances.
Mais les effets positifs de ces vacances ne s’arrêtent pas là. Les projets formulés par les familles pour la rentrée en disent long sur le bénéfice de quelques jours loin des soucis du quotidien. Même si, comme le rappelle Joaquim Carvalho, “nous ne partons pas avec des objectifs correctifs mais avec la volonté de rétablir le droit aux vacances pour tous”. Laure Zittoun raconte ainsi qu’“une maman en arrêt maladie depuis un an a annoncé sa décision de revoir très vite son médecin pour en finir avec la maladie (x) trois mamans ont fait part de leur envie de reprendre une activité professionnelle (x) un papa d’origine sri-lankaise qui a goûté pour la première fois en vingt ans à la cuisine française aimerait bien apprendre des recettes”. Joaquim Carvalho cite le cas d’un père qui a renoué avec sa passion pour la photographie et à qui il a proposé d’utiliser le laboratoire du centre social. Il y a aussi l’envie de poursuivre les activités découvertes au bord de la mer, comme d’apprendre à nager ou à faire du vélo, les relations qui se nouent et des rendez-vous pris à la rentrée pour des repas de l’amitié ou des arrangements pour la garde des enfants. Bénéfique pour le moral, le bonheur d’être en vacances est aussi parfois trop intense pour les familles qui partent pour la première fois. Le jour du départ, Laure Zittoun a ainsi dû appeler le médecin pour quatre mères “épuisées d’avoir voulu profiter de tout au maximum”.

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