vacances ouvertes
A LA CROISEE DU TOURISME ET DU SOCIAL   

La Lettre Vacances Ouvertes n°4 : jul-aou 2000• 

A la Une

L’accueil des jeunes en vacances, l’expérience de Gérard Mathé.

C’est à l’initiative du District d’Arcachon que s’est monté un des premiers PAJECOT (Plan d’Accueil des Jeunes dans les Communes Touristiques). Gérard Mathé, Directeur du Club de prévention du Prado s’est vu confier depuis 1995 la création de cette structure qui accueille des jeunes en errance, mais aussi les jeunes vacanciers plus organisés qui, sur place, peuvent cependant rencontrer des difficultés ponctuelles. Avec un groupe de Pilotage et un comité réunissant les principaux partenaires (Conseil Général, Municipalités, Police, Gendarmerie), il est chargé de coordonner une équipe de 12 personnes.

Les équipes d’éducateurs vont à la rencontre des jeunes sur tout le district. Munis de portables, ils sont joignables 24h/24h. Ils jouent un rôle de médiation avec les commerçants ou la police et s’attachent à démentir les rumeurs génératrices de sentiment d’insécurité. Leur présence rompt le face à face nocturne jeunes/police et permet des alternatives aux affrontements. Les mentalités semblent évoluer.
Défricheur plus que “gardien du temple” Gérard Mathé fait le pari que ce partenariat peut, soumis à certaines règles, bénéficier à tous. Même s’il sait qu’en travaillant avec la Police et la Gendarmerie, il bouscule les pratiques de la prévention.

Les jeunes, eux, ont des demandes très pragmatiques : trouver un camping, régler un problème de santé, pouvoir entrer en boite de nuit. Les éducateurs répondent à ces questions.
Pour les jeunes en errance, ils proposent des projets plus ambitieux même si tous ne sont pas prêts à s’y inscrire. “On les prend tels qu’ils sont, quand ils le demandent on peut travailler sur 1 ou 2 mois. Parfois, un jeune a envie de s’en sortir et il est accompagné en ce sens.”

Ce que nous relate Gérard Mathé, souligne d’autant plus l’importance d’un travail de préparation des jeunes en amont de leurs vacances. Et c’est ce à quoi s’attachent les professionnels des 15 dispositifs soutenus dans le cadre de notre appel à projets d’été pour le départ autonome des jeunes… Et certainement bien d’autres ailleurs…

La Vie du Réseau

Un projet porté par les familles

Au centre social le Nautilus à Roubaix, Peggy Pas, propose tous les vendredis aux habitants du quartier un temps de parole privilégié. De ces réunions ont émergé les diverses activités du centre, et, en 1999, le projet de vacances familiales. Un groupe de volontaires s’est formé avec pour principe la participation de chacun à l’élaboration du séjour et aux activités d’autofinancement. Au printemps ils ont défendu leur projet auprès du Fond d’Aide aux Habitants. Le séjour s’est déroulé sur 4 jours, fin avril en Normandie, dans des gîtes en gestion libre. Les familles sont enchantées de leur voyage.
Ce projet est remarquable quant à la part d’autonomie réservée aux familles sur les choix et les actions nécessaires pour sa réalisation. Il témoigne d’une confiance réciproque entre elles et le travailleur social sur les capacités et le rôle de chacun. Au sein de ce groupe, aux composantes très variées, une réelle dynamique est née, qui, après le séjour et hors les murs du centre social, continue d’exister. A ce titre, on peut noter qu’une des réussites du séjour aux yeux des familles est l’équilibre qui s’est réalisé entre les temps collectifs spontanés et les périodes réservées à l’intimité de chacun. “Tout s’est bien passé, on se connaissait bien”
Un des membres du groupe rêve de Brésil. “OK” ont répondu les familles, mais dans 4 ou 5 ans quand la cagnotte d’autofinancement sera suffisante !

Côté Jeunes

Départ autonome des jeunes

Pour la première année, Vacances Ouvertes a lancé un appel à projets en direction des structures qui organisent des dispositifs d’aide au départ autonome de jeunes. 28 structures ont fait acte de candidature et 15 d’entre elles ont été financées. Ces 15 dispositifs devraient permettre à environ 1000 jeunes de partir en départs autonomes.
Les professionnels en charge de ces dispositifs ont eu l’occasion de se rencontrer au cours des ateliers d’échanges de pratiques. 32 personnes sont venues en atelier pour échanger sur des questions comme : la préparation des séjours, l’accueil des jeunes sur les lieux de vacances, comment monter un pôle de documentation, la place des animateurs dans l’accompagnement au montage de projets, etc. Ces réunions peuvent être ouvertes à des structures qui ne sont pas financées par Vacances Ouvertes mais qui travaillent sur le départ autonome des jeunes et souhaitent bénéficier de ces échanges.

Côté Familles

Du matériel de camping pour l’aide aux départs en vacances

Plusieurs structures possèdent des tentes ou des caravanes qu’elles proposent aux familles. Quels sont les avantages ou inconvénients de cette aide matérielle ?
Le choix de cette formule est à la fois économique - moins cher qu’un séjour en village de vacances - et pratique - il offre une grande souplesse. Il permet de s’ouvrir à un public large (familles hors BV, etc). Il convient aux départs en groupe ou en individuels. Il est reproductible par les familles.
Le coût d’un équipement complet de camping* est estimé entre 2500 frs (tentes 4 places, en grande surface) et 8000 frs (tentes 6 places de grande qualité, en magasin spécialisé). La durée de vie du matériel est de 4 à 5 ans et impose un renouvellement de 1 ou 2 équipements par an. Nos interlocuteurs conseillent de choisir du matériel de qualité, simple à monter, le même pour toutes les familles.
Un équipement sert en moyenne à 4 à 5 familles par été. Tout dépend de la formule choisie : telle structure organise un seul départ en groupe sur l’été, telle autre installe les tentes sur un ou plusieurs campings et organise un “roulement” des familles. Cette solution, la plus courante, oblige à de nombreux aller-retours pour réaliser les états des lieux ou accompagner les familles non véhiculées.
Un membre de l’équipe peut rester sur place pour assurer l’accueil, les inventaires et les réparations. Un centre social a trouvé un correspondant local pour jouer ce rôle. Plus ambitieux, cet autre centre travaille depuis 5 ans avec un club de prévention dont les jeunes, sous contrat d’une semaine, remplissent ces tâches.
Le matériel est mis à disposition des familles pour un montant plutôt symbolique, parfois gratuitement. Souvent une attestation d’assurance est demandée aux familles. Un système de caution est établi. Il garantit le respect du matériel.
L’inconvénient de cette formule réside dans la gestion du matériel. Les montages, démontages, vérifications et entretiens mobilisent l’équipe d’animation, même si l’aide apportée par les familles est précieuse (elle correspond parfois à la contrepartie). Seules deux structures embauchent un vacataire à 1/2 temps pour l’été. La question du stockage doit être résolue : solutions plus ou moins chères, local chauffé pour éviter la dégradation et si possible accessible pour effectuer les réparations.
Au total, le prêt de matériel autorise, pour un coût raisonnable, une utilisation très variée, mais suppose une grande organisation et un lourd investissement pour le travailleur social. Certains évoquent le danger de devenir “des loueurs de caravanes” qu’il faut parer en communiquant clairement les objectifs du dispositif aux bénéficiaires et en se prémunissant contre le recrutement de dernière minute pour remplir les places libres.
*tente familiale + canadienne ou igloo, matériel de couchage et de cuisine, mobilier (table, chaises, etc) et parfois équipement loisirs.

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