• La lettre Vacances Ouvertes n°33 : mai-juin 2005 •
Edito
Parcours vers l’autonomie, destination vacances
Pour la quatrième année, Vacances Ouvertes, en partenariat avec l’ANCV et les missions locales, met en oeuvre un programme d’aide au départ des jeunes. Ce sont 75 missions locales qui ont souhaité s’impliquer dans ce projet en 2005. Ce dispositif concerne les jeunes qui bénéficient d’un accom-pagnement renforcé (TRACE puis CIVIS).
La récente Rencontre des missions locales à la Villette a rappelé qu’insertion sociale et insertion professionnelle sont étroitement liées.
Le Ministre Laurent Hénart a clairement insisté sur la complémentarité des actions d’accompagnement dans l’emploi avec celles dans le logement, la santé, les loisirs. Notre intervention lors de ces Rencontres a permis de souligner l’importance de l’accès aux vacances pour ces jeunes.
A la une !
Vacances en liberté
Ce qui est vacant c’est ce qui est libre, ce qui n’est pas occupé x Les vacances sont un temps de liberté, le temps de s’occuper à rêver, à dormir, à bavarder, à se baigner, à marcher x
L’important est que chaque activité effectuée soit celle souhaitée par la personne à ce moment-là. L’objectif des vacances est de se détendre, de se faire plaisir et de laisser derrière soi les préoccupations du quotidien, les soucis, les habitudes. C’est se donner le temps et l’espace pour regarder d’un xil neuf, et tout compte fait, vivre différemment. Casser les routines qui nous enserrent et reconsidérer les habitudes.
Si les repères quotidiens peuvent être sécurisants, les premières vacances vont permettre de découvrir ce plaisir du changement et notamment qu’ailleurs on peut être autre. Etre comme tout le monde dans le regard des autres, qui n’ont pas à savoir si on habite dans un quartier dit difficile, être autre aux yeux de sa famille qui découvre tout à coup un père ou une mère qui brille au karaoké ou à la course à pied x
C’est pourquoi Vacances Ouvertes prône un accompagnement sur site qui doit se faire léger. Le premier objectif est bien d’être facilitateur, pour que chacun puisse passer ses vacances, c’est-à-dire celles dont il ou elle a enviex Rassurer, sécuriser, expliciter les codes, informer, proposer et surtout laisser chacun agir à sa guise tant que son comportement est respectueux des autres. Il serait quand même étonnant que ce soit l’accompagnateur qui empêche cette liberté des vacances, cette possibilité d’être autrex juste parce que son regard à lui ne change pas, ou parce que des interventions inopportunes enferment les initiatives des uns et des autres.
Vie du réseau
Quel sens donner aux concours de photographies de vacances ?
Depuis bientôt dix ans Vacances Ouvertes propose aux bénéficiaires de ses programmes d’aide aux vacances de participer à des concours de photographies de vacances.
Ils ont été conçus initialement pour permettre aux porteurs de projets de renouer des contacts avec les familles et les jeunes au retour des vacances autour d’un support attractif.
Depuis, nous découvrons, chaque année, la richesse de ces photographies comme témoins du plaisir des familles et des jeunes, preuves tangibles de la réussite de leur projet de vacances, qu’ils présentent avec fierté.
La rencontre avec des photographes professionnels, notamment Geneviève Hofman, qui ont ouvert leur champ d’intervention à la pédagogie, conforte Vacances Ouvertes sur l’importance de ces concours. En effet, la photographie, outre le plaisir qu’elle procure aux vacanciers, en termes de souvenirs et de valorisations, est un mode d’expression démocratique qui permet de communiquer, d’aller vers les autres, de se raconter dans son univers, sa famille ou son groupe d’amis, ses relations, mais aussi de penser le monde, sa réalité et ses représentations. La photographie n’a pas seulement un rôle de mémoire du passé, elle est aussi un travail sur l’environnement et sur soi-même.
Vacances Ouvertes propose donc aux familles et aux jeunes de s’emparer de la photographie comme objet de plaisir, comme mode d’expression, et comme vecteur du regard critique.
Pour les porteurs de projets, il s’agit d’une opportunité de travail avec les bénéficiaires sur divers plans :
- retrouver les familles et les jeunes, partager les souvenirs bons ou mauvais et les impressions qu’ils veulent communiquer,
- mettre en valeur les bénéficiaires et leurs expériences, qu’il s’agisse des photographes eux-mêmes ou de ceux qu’ils nous donnent à voir,
- valoriser également les actions menées et tous les acteurs qui ont contribué à sa réalisation,
- et aussi, relancer la dynamique d’un projet à venir.
Côté Familles
Un atelier thématique sur l’évaluation
Dans le cadre de l’appel à projets de vacances familiales, les correspondants locaux de Vacances Ouvertes participent à des ateliers d’échange de pratiques autour du montage de projet vacances. Pour les porteurs de projets qui ont déjà assisté à deux sessions d’atelier dit “généraliste”, Vacances Ouvertes propose des ateliers thématiques. Cette année, ce sont les pratiques d’évaluation dans les actions de vacances familiales qui seront abordées lors de deux sessions (la première à Paris et la seconde à Lille) de 2 jours chacune (voir agenda).
Vacances Ouvertes relève aux cours de ses campagnes (ateliers, instructions, bilans) de nombreux questionnements autour de l’évaluation, tant sur le fond (Quelles finalités peut-on lui allouer ? Que peut-on en attendre ? Quelles conséquences sur l’environnement du projet ?) que sur la forme (Comment s’y prend-t-on ? Quand évalue-t-on ? Avec quels outils ? Qui participe ? Quelle différence avec un bilan ?).
C’est pour répondre à ces questions que Vacances Ouvertes souhaite qu’au cours de ces ateliers les échanges d’expériences et l’analyse des pratiques soient confrontés à des apports plus théoriques. Il s’agira d’élargir le regard évaluatif en passant du recueil des différents effets survenant tout au long du projet à l’analyse des processus à l’oeuvre.
Il est évident que même si les échanges gravitent autour des projets vacances, les méthodologies évoquées auront aussi vocation à être transférées à tout autre projet monté localement.
Côté Jeunes
Les hébergeurs et les jeunes
Nicolas Randy, chargé d’études et des partenariats à Vacances Ouvertes, a publié, dans le n°85 de la revue Cahier Espaces (mai 2005), un nouvel article intitulé “Anticiper et gérer les comportements incivils de jeunes vacanciers”. Cette contribution s’inspire très largement du travail mené avec l’UCPA relatif à la définition et à la mise en place d’un plan global et transversal visant à mieux anticiper, ne pas induire et le cas échéant, faire face et gérer les comportements incivils voire violents des jeunes vacanciers. Trois axes structurent la réflexion : la sensibilisation et la formation de l’ensemble des équipes (qu’ils travaillent "au siège" ou sur les centres) ; la communication et l’intégration du projet éducatif des centres de vacances auprès des socio-professionnels de la station touristique ; la mise en place d’une cellule de veille, permettant le recensement et l’analyse des incidents qui surviennent.
Divers
Les concours de photographies en pratique
En 2005, Vacances Ouvertes organise quatre concours :
- Deux concours régionaux en Nord/Pas-de-Calais, l’un pour le public des familles, l’autre pour le public jeunes,
- Un concours régional en Poitou-Charentes pour les deux publics réunis,
- Un concours national pour les familles.
Tous ces concours s’adressent aux bénéficiaires des actions vacances soutenues financièrement par l’ANCV par l’intermédiaire de Vacances Ouvertes. Si les modalités de participation sont variables selon les concours, le thème général proposé est le même pour tous : “Les vacances, une aventure !”.
Si vous êtes correspondant local d’un des appels à projets de Vacances Ouvertes, vous devez avoir reçu une information sur ces concours. Si ce n’est pas le cas contactez-nous au plus vite.
Le Festival du Film d’Action Sociale
Créé il y a vingt ans à l’IRTS de Nancy par Bernard Prevost, le festival du film d’action sociale a été repris cette année par l’IRTS d’Ile de France. Treize films ont ainsi été projetés et suivis de débats en présence des réalisateurs les 11, 12 et 13 mai à Montrouge. Le film de Mika Gianotti “Premières vacances, la parenthèse” qui présente l’accompagnement social des vacances familiales a été sélectionné dans cette programmation. Films documentaires, clips, films institutionnels, réalisations des bénéficiaires ou fictions, le festival a montré une large palette de ce support dans l’action sociale. Témoigner, former, prévenir, mobiliser, mais aussi questionner, essaimer, analyser les pratiques à l’oeuvre, le film d’action sociale constitue une richesse certainement trop peu exploitée. L’initiative de ce festival n’en est que plus remarquable. Les organisateurs se sont engagés à renouveler cette expérience et nous nous en ferons l’écho dès que les dates en auront été fixées.





