• La Lettre n°3 de Vacances Ouvertes: mai-jun 2000 •
A la Une
Les activités d'autofinancement dans les projets vacances.
Selon les statistiques 1999 de VO, 51% des projets familles comportent une part d'autofinancement et 10% des projets jeunes incluent des financements via des chantiers organisés par la structure.
Cet apport constitue un complément à la participation directe des bénéficiaires, voire parfois pour les jeunes la seule contrepartie financière. Même si les montants dégagés sont symboliques, ces activités intègrent le public dans l'élaboration du projet et favorisent l'émergence d'une réelle dynamique.
Leur organisation peut cependant créer quelques difficultés.
Pour éviter les tensions inutiles au sein du groupe, mieux vaut discuter avec les bénéficiaires des questions suivantes : Quelle implication suppose la mise en place de ces activités (investissement en temps et en énergie, disponibilité) ? Les activités sont-elles obligatoires ? Sont-elles pratiquées en individuel ou en collectif ? Comment répartir l'autofinancement (sur tout le projet, sur une activité collective de loisirs, individuellement, etc) ?
Pour respecter un cadre juridique -néanmoins flou- nous vous proposons aussi ces quelques conseils :
- demandez l'autorisation de la mairie avant de vendre vos productions sur les marchés ou d'ouvrir une buvette temporaire, et dans l'idéal, prévenez les commerçants des alentours pour éviter les soupçons de concurrence;
- choisissez votre vocabulaire : employez les termes de bons de soutien ou de participation pour vos lotos ou tombolas. Il faut que les lots ne dépassent pas une valeur unitaire de 2500frs, que les mises soient de faible valeur et que l'objectif conserve son caractère social. Dans ces conditions n'organisez pas plus de 2 ou 3 lotos par an. Au-delà, attention à la présomption d'activité commerciale;
- pour finir, il faut se limiter à six manifestations par an pour être exonéré des impôts et taxes sur les recettes : il est donc préférable de bien cibler les actions et de choisir les grandes occasions.
La vie du Réseau
Des activités originales d'autofinancement.
De manière générale, on recense trois grands types d'activités : l'organisation de manifestations diverses (soirées dansantes, repas, karaoké, kermesse, tournois sportifs, etc), la vente de plats cuisinés ou d'objets confectionnés ou récupérés, la réalisation de menus travaux (lavage de voiture, débroussaillage, etc).
Quelques structures sortent des sentiers battus. Parmi elles, le centre social de la Gavotte aux Pennes Mirabeau (13). Dans cette structure, les activités d'autofinancement commencent dès septembre. Les familles se répartissent sur trois activités. Le groupe atelier de confection de costumes est composé de cinq femmes qui se réunissent une fois par mois pour réaliser des vêtements de carnaval pour les 3-7 ans. En partenariat avec les écoles de la ville, le groupe propose deux permanences par semaine, de mars à avril, aux familles qui viennent choisir un costume parmi la centaine réalisée contre une participation de 20 à 50frs. Ouvert depuis trois ans, cet atelier connaît un vif succès. Au final, il totalise 6000frs d'autofinancement, ce qui, ajouté aux deux autres activités, représente 15% du budget global du dispositif de vacances familiales.
Côté Jeunes
Les ateliers de l'appel à projets jeunes.
Plus d'une vingtaine de structures ont déposé leur dossier de candidature. Les responsables des dispositifs retenus participeront aux trois ateliers proposés grâce au soutien du FSE. Le 1er atelier proposera une présentation et une analyse de chaque dispositif, de son historique et des problématiques en jeu; le 2ème abordera la question de la régulation des comportements sur les lieux de vacances, avec l'intervention de Mr Mathé, coordinateur du plan d'accueil des jeunes sur le Bassin d'Arcachon; le 3ème atelier permettra, à l'automne, d'évaluer les actions en vue d'un bilan. VO prévoit 2 cycles d'ateliers pour répartir les participants en 2 groupes.
Côté Familles
Concours photos 2000
Dans le cadre de l’activité d’aide aux projets, VO propose aux familles de participer au concours photos en présentant un album qui raconte les vacances de la façon la plus vivante, originale et drôle. A l'automne, un jury, constitué des membres de l’équipe de Vacances Ouvertes ainsi que de personnalités extérieures, sélectionne les trois meilleurs albums. Les groupes de familles gagnantes obtiennent un prix sous forme de chèques-vacances à utiliser pour la préparation de leurs prochaines vacances. Tous les participants reçoivent une affiche, une carte postale ou toute autre production réalisée à partir des albums. Les dossiers d'inscription sont disponibles à VO.
Portrait
Jean-Dominique Poncet, responsable du service jeunesse et animation des quartiers de Vienne (38).
Membre fidèle du réseau, JD Poncet marque ses interlocuteurs par son calme et sa disponibilité. Il a développé ses compétences dans différents services de la ville en validant ses acquis professionnels par des formations dans le secteur de l'animation, par des concours administratifs, jusqu'au DEDPAD (Diplôme d'Etat de Direction de Projet d'Animation et de Développement), nouveau diplôme de Jeunesse et Sports.
En charge du service depuis 1987, JD Poncet évoque l'évolution de son métier, des fonctions de gestionnaire à celles de coordinateur dans une position de médiateur entre le terrain et les élus. Cette orientation s'explique par le passage d'une organisation centralisée des activités du service à une logique de délégation vers les centres sociaux, démarche qui a permis une plus grande adéquation avec les besoins des 5 quartiers de la ville.
Le service reste cependant "maître d'xuvre" des grandes opérations. "Maxi départs" existe depuis 10 ans et propose aux 16-25 ans une aide aux vacances autonomes suivie d'un atelier de création. Le BAFA municipal, formation agréée, propose un cycle complet sur 2 ans. Pour les plus jeunes, le "théâtre en herbe" s'ouvre aux scolaires et aux centres de loisirs. Non exhaustive, cette liste trace les grands axes d'une politique jeunesse orientée vers les apprentissages de la mobilité, de la richesse culturelle et dans un souci constant de formation des jeunes.
Sur la décennie, le service a connu une mini-révolution vers des activités proposées tout au long de l'année qui ont nécessité une large professionnalisation des équipes. JD Poncet est conscient que cette tendance doit s'appliquer à de nombreux services jeunesses et regrette l'absence d'une coordination nationale qui permettrait une réflexion commune à ce sujet. Il est d'ailleurs ouvert a tout échange qui permettrait un enrichissement des pratiques professionnels.





