vacances ouvertes
A LA CROISEE DU TOURISME ET DU SOCIAL   

• La lettre Vacances Ouvertes n°27 : mai-juin 2004 • 

Edito

Développer les dispositifs d’accès au tourisme dans les régions

Les résultats des élections régionales sont d’autant plus importants pour le développement du tourisme social que la région est en passe de devenir le pouvoir décisionnaire en la matière.
Le projet de loi de décentralisation prévoit en effet que les régions auront vocation à “ animer et coordonner les initiatives publiques et privées dans le domaine du tourisme ”. Cette dévolution des compétences recueille d’ailleurs un avis positif des parlementaires qui ont même modifié le texte présenté au Sénat pour que les compétences des départements soient également reprises par les régions. Les changements politiques à la tête des régions ainsi que ces compétences en développement conduisent Vacances Ouvertes à valoriser son action et à interpeller les pouvoirs régionaux sur le développement de l’accès de tous aux vacances, qu’il s’agisse de la mise en place de dispositifs ou d’aides aux projets.

A la une !

Familles “en difficulté” ou “vacanciers novices”?

“ Familles en difficulté”, “personnes défavorisées”, “cas sociaux”, “familles poly - carencées” ou encore “exclus” sont autant de qualificatifs utilisés par les professionnels du tourisme, mais aussi et surtout par les travailleurs sociaux, pour caractériser les bénéficiaires d’aides aux vacances intégrés à un projet de départ. Au-delà du caractère stigmatisant, cette terminologie est contreproductive dans la collaboration entre porteurs de projets et hébergeurs.
En effet, un professionnel de l’accueil n’est pas un travailleur social. Il peut s’inquiéter d’accueillir un public dit “à problèmes”, a fortiori s’il n’a pas les compétences pour faire face à ces problèmesx
Par contre, si l’opérateur touristique considère qu’il va accueillir des vacanciers novices, il pourra mieux présumer du rôle que l’on attend de lui : orienter et rassurer des personnes qui, dans le cadre de cette expérience nouvelle, n’ont ni repères, ni cadre de références alternatif, et qui, à ce titre, se sentent souvent fortement insécurisées.
Nommer autrement n’est pas sacrifier au “politiquement correct” mais traduit la volonté de s’appuyer sur les compétences des personnes plutôt que d’insister sur leurs carences.
L’enjeu pour les porteurs de projets porte bien sur la nécessité de collaborer efficacement avec l’hébergeur, en lui renvoyant des besoins qui, en tant que professionnel de l’accueil, correspondent à son domaine d’intervention. On ne peut pas en effet, contribuer à la stigmatisation d’un public tout en s’étonnant qu’il ne soit pas le bienvenu dans les équipements de vacances.

Vie du réseau

Mesure FSE, “Micro-Projets Associatifs”
Nord/Pas-de-Calais

Le FSE, Fonds Social Européen, est l’outil européen de financement de la politique de l’emploi.
Avec “Micro-Projets Associatifs” (MPA), le FSE s’oriente vers les petites associations, coopératives et entreprises à but non-lucratif, structures qui n’ont habituellement pas accès au Fonds Social Européen, faute de moyens humains ou matériels.
Réel levier, ce dispositif se propose de financer à 100 % les micro-projets dont le budget maximal est de 23 000 euros.
Pour être éligible au FSE, le projet doit avoir pour objet l’insertion professionnelle des publics les plus éloignés de l’emploi. Il doit en outre pour MPA répondre au moins à un des objectifs suivants : l’égalité des chances entre hommes et femmes sur le marché du travail, l’insertion sociale et professionnelle des populations en grande difficulté, la création d’entreprise et le développement de l’économie solidaire et sociale.
Dans la région Nord/Pas-de-Calais, c’est la Chambre Régionale de l’Economie Sociale, en lien avec l’URIOPSS, qui met en oeuvre ce dispositif. Une équipe a été mise en place pour informer et animer le dispositif, aider les porteurs de projets, instruire les dossiers, verser les aides financières, suivre la mise en oeuvre, évaluer et vérifier l’utilisation des aides versées.

Côté Familles

Le sens de l’évaluation : du bilan sur les familles à l’évaluation de l’action

En matière d’évaluation, les porteurs de projets connaissent le passage obligé du bilan aux financeurs. Cet exercice de style imposé, qui sert à rendre des comptes et à communiquer sur l’action, est souvent perçu comme une tâche administrative, assortie de vagues observations sur l’évolution des familles parties. Cette étape ne sert pas toujours à faire avancer le projet lui-même. C’est dommage car ce devrait être son principal intérêt.
L’évaluation doit se concevoir sur le mode participatif comme un échange continu entre les différents acteurs avec, au cxur de l’action, les personnes directement concernées. Elle porte à ce titre un enjeu de citoyenneté en instituant un débat sur les choix opérés, les objectifs de l’action et les moyens mis en oeuvre. Elle pose la question des relations du projet à ses partenaires (ville, conseil général, CAF, autres associations). L’évaluation agit ainsi comme un révélateur du sens de l’action dans son environnement.
Elle peut parfois remettre en question le projet en pointant des incohérences entre les objectifs et les actions menées ;
elle peut révéler des objectifs non dits ; elle peut mettre en exergue des représentations parfois stigmatisantes sur les vacanciers en pointant que les objectifs sont en décalage avec les problématiques repérées x Mettre en place une évaluation est à la fois un acte politique et technique. Politique parce qu’il instaure un débat sur les finalités par rapport aux constats, sur les objectifs visés ou sur la façon dont les acteurs sont associés. Technique parce qu’il permet d’apprécier le lien entre les intentions et les objectifs concrets, dans la mesure de l’efficacité de l’action ou dans le repérage des conditions de sa faisabilité. L’évaluation portera sur ces deux aspects pour prendre la mesure de ce que l’action fait évoluer.
C’est dès maintenant qu’une évaluation se met en place, n’hésitez pas à vous reporter à la fiche A6 du guide vacances familles.

Côté Jeunes

“Fonds d’aide aux Jeunes pour le Tourisme - Destination Vacances”

Un nouvel appel à projets du secteur jeunesse Vacances Ouvertes a souhaité cette année prolonger et diversifier sa démarche d’incitation à la mise en oeuvre de dispositifs locaux d’aide aux vacances autonomes des jeunes. Grâce au soutien financier de l’Agence Nationale des Chèques Vacances, “ FJT - Destination Vacances ” propose désormais aux résidants des Foyers de Jeunes Travailleurs de bénéficier d’une bourse vacances individuelle de 150 _.
Depuis trois ans, Vacances Ouvertes s’est en effet engagée, au-delà de ses actions généralistes, dans la mise en oeuvre d’appels à projets fortement thématisés auprès de réseaux spécialisés du secteur jeunesse. Lancé à titre expérimental en 2002 en direction des Missions Locales et de leurs publics inscrits en parcours d’accompagnement renforcé vers l’emploi (TRACE), “ TRACE tes Vacances ” bénéficie d’un intérêt marqué de la part du secteur de l’insertion professionnelle. En 2004, ce sont 67 structures qui se sont engagées dans ce programme, prévoyant de faire partir plus de 1000 jeunes.
Fort du succès de ce mode d’intervention, associant l’aide financière de Vacances Ouvertes à un accompagnement méthodologique des jeunes par des professionnels locaux, un nouvel appel à projets vient d’être lancé sur le même modèle en direction des Foyers de Jeunes Travailleurs des régions Rhônes-Alpes et Auvergne. Vingttrois FJT viennent de s’engager dans cette expérimentation et vont bénéficier d’une série d’ateliers de formation et d’échange. Une démarche participative d’évaluation de ces dispositifs locaux permettra de mesurer la pertinence de leur mise en oeuvre dans le cadre d’une problématique d’insertion sociale par le logement.
Vecteur privilégié d’apprentissage de l’autonomie en matière de loisirs, la préparation comme le vécu d’un séjour de vacances sans encadrement a déjà démontré avec “ TRACE tes Vacances ” toute sa portée en matière de remobilisation et de formation à la démarche projet de jeunes fragilisés dans leur parcours d’insertion professionnel. Gageons qu’il en sera de même pour les résidants des FJT confrontés à des difficultés d’insertion. Si tel est le cas au terme de cette année d’expérimentation, la généralisation de “ FJT - Destination Vacances ” à un territoire plus large sera envisagée.

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