• La lettre Vacances Ouvertes n°25 : jan-fev 2004 •
Edito
Des vacances qui contribuent à l’intégration sociale.“Partir en vacances, c’est d’abord participer à l’espace et au temps collectifs. Projeter les vacances, les organiser, partir, se retrouver, découvrir, c’est aussi envisager un autre rapport à soi et aux autres.” Telles sont les valeurs décrites dans la charte d’adhésion de Vacances Ouvertes.
Partager ces valeurs, soutenir l’action de l’association, tel est le sens de l’adhésion à Vacances Ouvertes. Nous lançons en ce mois de Janvier notre campagne d’adhésion 2004 (adhésion désormais calée sur l’année civile ), qui vous permettra d’accéder à nos services : lettre d’information bimestrielle, site internet, études et rapports gratuits à la demande, service d’aide à la recherche d’hébergement, rencontres de Vacances Ouvertesx
Excellente année 2004, pour vous et vos projetsx
A la une !
La place des pères dans les projets vacances
Quelles sont les conditions pour que les pères partent avec leur famille ? Pourquoi certains sont-ils réticents à partir ? Après avoir entamé une réflexion sur ce thème, Vacances Ouvertes a confié à la sociologue Nadja Ringart la réalisation d’une étude*.
La question du non-départ de certains pères traduit parfois les craintes de la famille entière pour qui sortir de la maison, du quartier, c’est un peu pénétrer sur une terre étrangère. Le repli de certaines familles sur elles-mêmes est souvent la conjonction d’une situation de précarité et d’une histoire familiale peu propice à la mobilité. Face à un extérieur hostile, certains pères se posent en gardiens du foyer.
L’appréhension des pères à partir peut cacher d’autres réalités : une absence de pratiques de loisirs avec les enfants ou la crainte du regard des autres sur leur intimité. En particulier quand une dépendance vis-à-vis de l’alcool ou des problèmes éducatifs viennent s’ajouter à la cassure du chômage. Alors que les normes actuelles d’éducation tendent plutôt vers l’expression des sentiments et la négociation entre parents et enfants, certains pères, mal ou pas du tout préparés à cet exercice, redoutent le jugement du groupe et celui des voisins, plus d’ailleurs que celui des accompagnateurs professionnels.
Certains pères craignent l’objectif social du projet vacances : qu’est-ce qui va être demandé en échange ? Quel contrôle va t-on exercer ? Cette crainte paraît surtout liée à l’image qu’ils ont de la structure, faite parfois de préjugés, plutôt qu’à l’attitude concrète des professionnels qui, eux, semblent naviguer entre les intérêts parfois contradictoires des femmes, des enfants et des pères. L’absence de ces derniers dans les projets peut être la conséquence de la priorité accordée au projet de la mère, celle-ci ne souhaitant parfois pas la présence de son conjoint.
Faire partir en vacances certaines familles, c’est donc prendre conscience de mettre les familles qui sont dans une culture de la non mobilité en déséquilibre par rapport à leur fonctionnement interne. Les porteurs de projets peuvent influer sur le départ des pères, quand il est souhaité par la mère, en investissant la relation avec les pères en amont des réunions collectives et en cherchant davantage encore à communiquer avec eux. Les relations avec les hommes se gagnent souvent grâce à leur mobilisation patiente autour d’activités matérielles qui leur accordent une place valorisante.
* disponible à Vacances Ouvertes
Vie du réseau
Des lauréats du concours photo racontent leur participation.
Il est 9 heures ce matin au Centre social Mirabeau de Marseille quand les dix femmes du projet vacances 2003 se retrouvent pour préparer le concours photo. Objectif de la journée : sélectionner de manière unanime trois photos qui soient représentatives du vécu de chacun. Le défi est de taille : toutes ont apporté leur production et il y a environ 150 tirages sur la table !!! On observe, on commente, on évoque les souvenirs bons et mauvaisx On se replonge dans l’ambiance du séjour ! À midi, la petite équipe déjeune sur place. Quelques enfants sont venus partager le repas. Moment convivial très riche, notamment pour tous ceux qui ne se sont pas revus depuis le séjour. À 14h30, la sélection reprend. Le travail en sous-groupe permet de réaliser 5 propositions de création, photos et textes. C’est la base d’une nouvelle étape : on présente, on argumente, on tente de nouvelles formulesx Etx c’est l’évidence : voilà la composition qui marche ! Il est 17 heures. Les femmes se séparent. Demain la création sera envoyée à Vacances Ouvertes.
PS : Le 1er décembre, le jury du concours photo a délibéré : Ghania, Sadjia, Johanna, Aïcha, Malika, Fathi, Haïcha, Nacéra, Cécile et Habiba du Centre social Mirabeau ont reçu le 2ème prix ex æquo du concours. Encore Bravo !
Côté Familles
Comment construire les objectifs du projet ?
Les familles qui partent en vacances n’ont pas d’objectifs mais des souhaits et des craintes qu’il faudra confronter à l’une des réalités du projet : la contribution de financeurs extérieurs et d’animateurs ou de travailleurs sociaux pour les aider à partir. Se fixer un objectif consistera à s’appuyer à la fois sur les besoins spécifiques des familles et sur les finalités que se donnent les autres acteurs.
Comment définir un objectif qui concilie les souhaits des uns et des autres ? Comment ne pas tomber dans le piège qui consiste trop souvent à dire séparément à tel ou tel acteur ce qu’il a envie d’entendre sur le projet ? Comment ne pas déconnecter les objectifs de la réalité du projet ?
Pour se sortir de cette impasse, une solution : négocier entre tous les acteurs (familles, structure de terrain et financeurs) des objectifs pragmatiques, acceptables et acceptés par tous.
Si une famille n’a pas l’habitude de faire des démarches, il peut s’agir pour elle de négocier avec l’hébergeur et le transporteur pour construire son séjour. Si la maison de quartier constate que des personnes ne partent jamais, elle se donnera l’objectif d’inciter à faire partir ces personnes en priorité. Si le financeur constate que les parents ne partent jamais avec leurs enfants, il se donnera l’objectif d’inciter les familles à partir ensemble. Attention cependant, mieux vaut peu d’objectifs plutôt que trop.
On le voit, le but d’un objectif est d’être atteint. Il doit être prévisible, mesurable et quantifiable. L’évaluation consistera notamment à mesurer si l'objectif est atteint ou pas grâce à des indicateurs qu’il est possible et nécessaire de construire ensemble au début de l’action. S’il est difficile d’en trouver et d’apporter une réponse à la question : à quoi je verrai que les objectifs sont atteints ou pas, c’est probablement que ceux-ci n’en sont pas vraiment...
Côté Jeunes
“Paris Jeunes Vacances” Une volonté de proximité pour la Capitale
Dans le cadre de sa politique jeunesse, Paris a souhaité se doter en 2003 d’un dispositif “tout public” d’accès aux vacances autonomes pour les 18-28 ans.
Comment impulser dans la capitale, à la fois Ville et Département, une démarche autonome et cohérente des vingt arrondissements parisiens dont certains, rappelons-le, représentent une population qui peut atteindre 200 000 habitants ?
Cette problématique a conduit les élus parisiens à missionner Vacances Ouvertes pour les assister dans la conception et la mise en oeuvre de leur dispositif “Paris Jeunes Vacances”.
L’expérimentation engagée en 2003 a permis de mettre à l’épreuve et valider une organisation originale, largement inspirée du modèle ADAJ* de Vacances Ouvertes. Jurys locaux organisés à l’initiative de chacune des Mairies d’arrondissement et relais de proximité, publics ou associatifs, ont conjugué leurs efforts pour soutenir dès l’été 200 séjours de jeunes par une bourse de 150 euros sous forme de chèques-vacances.
Après un semestre de “rodage”, le dispositif devrait se poursuivre sans interruption durant l’année 2004 et connaître une nette montée en charge.
* Le cahier " Architecture de dispositif d’aide aux jeunes ADAJ” est disponible gratuitement auprès de Vacances Ouvertes pour les CAF, Conseils Généraux et Agglomérations.
En bref
Les résultats des concours photo de Vacances Ouvertes
“Se mettre en scène sur son lieu de vacances”, tel était le thème de la 2ème édition du concours photos que VO a proposé aux jeunes partis en vacances autonomes avec les programmes Sac-Ados et “Trace Tes Vacances”.
- 1ers prix ex æquo : Jamal Thina au Service Municipal Jeunesse de Gennevilliers (92)
Jean-Marie Jacq au Service Municipal Jeunesse de Draveil (91)
- 2ème prix: Julie Pomme Goyon à la MJC de Limours (91)
- 3ème prix: Guillaume Relave au BIJ de Mornant (69)
- 4ème prix: Lassana Diarra à la Mission Locale de la Vallée de l’Oise de Creil (60)
Côté familles, le concours s’adresse depuis six ans à toutes les familles qui bénéficient du soutien de VO pour partir. Réalisation collective, la création devait réunir trois photos accompagnées d’un texte.
- 1er prix : Les familles du Centre Social Club Ainés et Jeunes (CAJ) à Angoulême (16)
- 2èmes prix ex æquo : Les familles du Centre Socio-Culturel des Minimes à Châtellerault (86) et du Centre social Consolat Mirabeau à Marseille (13)
- Mention spéciale du jury pour les textes :
Les familles du Comité d’Animation et Promotion de la Collinière à Saint-Amand-Les-Eaux (59)
- Mention spéciale du jury pour les photos :
Les familles de l’Association Bio Solidaire - ABS Les Jardins de Cocagne à Blois (41)
Vous trouverez tous les détails des concours photos Vacances Ouvertes sur notre site.
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Nicolas Randy, Chargé d’Etudes à Vacances Ouvertes, a publié un
article dans la revue
Cahiers Espaces N°79 de Nov. 2003 intitulé “Incitation au départ
des non-partants, les petits prix ne suffisent pas”.





